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Comment meurent les vieillards
Un ami, joueur déchecs "de lEst", ma confié pendant son agonie : "pourquoi essaient-ils de me guérir au lieu de me soulager? , pourquoi me traite-t-on avec une telle agressivité?, est-ce que je ne collabore pas suffisamment à mon propre martyre?". Un jour, dans un hôpital parisien, alors que, sans anesthésie, on lui faisait subir un "contrôle nécessaire" (bronchoscopie? biopsie? quil considérait comme une atroce torture), il dit à lun des "savants" quil offensait par sa souffrance: "Pourquoi ne me souriez-vous pas? Il me reste peu de temps à vivre. Nous autres agonisants nous pourrions dire aussi Ave Caesar morituri te salutant". Le tortionnaire rétorqua: "je ne tolérerai pas que vous minsultiez dans une langue étrangère". Les appareils toujours plus sophistiqués, luxueux et coûteux exigent les plus grands soins. Dès lors quelle attention peut-on alors accorder à la douleur du patient (le bien nommé)? Quimporte quon laisse les morituri totalement déshabillés pendant de longues minutes et parfois des heures dans un réduit tout juste bon à ranger les balais? "Tenez bon. Soyez courageux", voilà toute la consolation quon prodiguait, dans le meilleur des cas, à mon ami. Quand, réveillé après avoir subi une opération il sétait, à sa grande surprise, retrouvé dans une pièce minuscule et sombre qui communiquait avec des toilettes sordides, il sétait cru dans un commissariat du temps de Brejnev. Ce joueur "de lEst" fut fait échec et mat sans même recevoir le geste protocolaire et le sourire de rigueur accordés par le vainqueur sur léchiquier les rares fois où il avait perdu une partie. Paix à son âme!
Pouvez-vous jouer comme A. Chirov? (687)
Pour le savoir essayez de trouver les coups des blancs. .
A. Chírov- A. Bareiev
Championnat du Monde. New Delhi
10 décembre 2000.
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