Balthus et Klossowski
Au shogi, les échecs japonais, les pièces éliminées ("mortes" ) sont remises en jeu (elles "ressuscitent"). Quel joueur d'échecs a dit: "qu'on m'enterre en creusant un trou... dans ma mère"? Balthus est mort le 24 février 2001: son cercueil fut suivi par une douzaine de personnes et celui de son frère Klossowski, décédé le 12 août 2001, par deux douzaines. Lors des deux enterrements la comtesse de Rola était présente ainsi que sa fille et les autres enfants de Balthus. Pendant les obsèques de Klossowski Denise et sa fille assistaient aussi, naturellement, à la cérémonie. Avec un recueillement tout japonais Harumi parut, très légèrement vêtue de la tête aux pieds, fraîchement débarquée de Los Ageles, sous l'éclat du soleil d'août. Seule une combinaison de soie couvrait son corps charmant comme la fleur du lys et deux mules de cygne, ses pieds. Après l'enterrement de Klossowski Denise - Roberte - et moi, assis sur un banc du cimetière avons ri pour ne pas pleurer, en nous souvenant de son mari. Balthus avait dit de son frère: "L'oeuvre de Pierre Klossowski est un diamant noir, moi je peins plutôt l'épiderme d'enfants à peine effleurés par les anges". Et Klossowski a confié du sien: "Je crois, comme Picasso, que c'est le seul de notre génération qui m'intéresse, les autres veulent faire du Picasso". Avec Harumi et le shogi, comme paradigmes, Klossowski et Balthus ont-ils vaincu la mort en ressuscitant chaque jour?
Pouvez-vous jouer comme Shirov?
Pour le savoir essayez de trouver les coups des blancs.
Shirov-Motilev.
Championnat du Monde FIDE.
Moscú, novembre 2001.
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