NOUVEAU LIVRE:
| Deux mains sur une plage, deux grandes mains
d'homme qui enterrent les pieds d'un enfant et lui caressent
les chevilles. C'est le seul souvenir qu'Arrabal a de son père.
Après, ce ut la guerre, le franquisme et un long tête
à tête avec sa mère. Dans une valse lente de cris et de plainte, dans une spirale un peu schizophrénique, la mère pleure, se sacrifie et se justifie, alors que le fils questionne pour mieux comprendre, pour moins haïr et ajouter du soleil dans un paysage de désolation morale. Ce livre, dédié à un père dis-paru et omniprésent, n'est-il pas surtout une quête de la mère éternelle et immaculée, celle qu'Arrabal, comme tous les enfants, a eu un jour et qu'il a perdu dans les méandres de la vérité qui affleure ; sa mère est femme, quoi qu'elle en dise, un peu sot-. te, un peu médiocre, un peu lâche, et simplement humaine. Ni déesse, ni héroïne de feuilleton, simple femme dans ce monde difficile de la guerre, du fascis-me. Il aurait suffi de si peu, d'un instant, pour que la vie soit autre, que différent soit le scénario. Tel ne fut pas le cas, et il faut 200 pages à Fernando Arrabal pour accepter, Deux cents pages de cris, de pleurs, de mensonges et de reniements. Deux cents pages d'amour idéalisé ou bien réel, deux cents pages d'une réflexion sur la nature humaine et ses faiblesses. J.R. Porté disparu, de Fernando Arrabal, éditions Pion, 203 pages, 16,77 euros ou ll0F. |