NOUVEAU LIVRE:

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Né en Afrique, à Melilla, Fernando Arrabal vit
à Paris depuis près d'un demi-siècle. On
connaît l'irnportance de son oeuvre : 400 ouvrages... Romancier,
cinéaste, dramaturge, essayiste, pamphlétaire,
poète, il a reçu de nombreuses récompenses
internationa1es. Il ne se passe pas un jour sans qu'au moins
une de ses pièces de théâtre ne soit jouée
dans un des coins les plus reculés de la planète...
Pourquoi? Pourquoi un tel talent, une telle énergie, une
telle fureur créatrice ? A mon sens, pour courir indéfiniment
dernière cette image toujours aussi forte malgré
le temps qui a passé : celui d'un petit garçon
dont le père caresse les chevilles, un èté
sur une plage. Ouvrons Porté disparu à la première
page et lisons : « Si j'étais sûr que mon
père était mort, il aurait cessé de me hanter.
Même si j'avais la certirude qu'il avait été
torturé jusqu'au dernier souffle. Mais pouvait-il disparaître
sans laisser de traces dans l'Espagnede 1941 ? > Tout est
dit. Tout est là . Et ce roman de la vie gâchée
est sans doute le plus beau et le plus émouvant de Fernando
Arrabal. Voilà cinquante ans que le petit garçon de la plage sentsur ses chevilles le souvenir des mains de ce père disparu, ni mort, ni vivant. Le roman d'aujourd'hui, le douzième de notre auteur, nous parle de la réalité de ce deuil, de l'Espagne franquiste, de la mémoire. Un personnage central fait contrepoids à l'absence irréductible du père, la mère, omniprèsente, mante religieuse castratrice qui a enfermé fils dans le silence. Qui est toujours vivante, qui semble ne rien regretter, et refuse de parler de celui qu'elle appelle « le père indigne.Ce livre est bouleversant, prend à la gorge. Un soir de Noel, le petit garçon reçoit de sa mère un étrange cadeau : une locomoive peinte en noir. Mais bientôt la peinture s'écaille, laissant apparaître une phrase gravée "Souviens-toi de papa". Car la locomotive, évidemment, c'est le père qui l'a sculpté, de sa prison, de son désespoir. En 1963, Arrabal publiait un de ses plus beaux livres, La pierre de la folie. Cette phrase ouvrait cet ensemble de textes poétiques en prose : « J'ai une bulle d'air. Je la sens très bien. Quand je suis triste, elle se fait plus lourde et parfois, quand je pleure, on dirait une goutte de mercure. La bulle d'air se promène de mon cerveau a mon coeur et de mon coeur a mon cerveau. » Cette bulle d'air, c'est la pierre de la folie, le pierre de l'absence du père Un poids éternel. Gérard de Conanze Franziska Megert a crée pour Fernando Arrabal un site Intemet pour essayer d'obtenir des infomtions inêdîtes sur son père : http: //www.arrabal.org et http://www.arrabal.org/ padre.html |